lundi 18 septembre 2017

Le buis et la pyrale



Lorsqu’on s’engage sur la petite route longue de cinq kilomètres, en quittant le pont de St Laurent pour se rendre au Centre de la Falaise Verte, on traverse des vergers de pêchers, de kiwi, de pommiers, de cerisiers, bref de fruitiers quoi. A mi-chemin on traverse le hameau de Royas qui contient encore des maisons construites avec les galets de l’Eyrieux. Après quoi le chemin se rétréci tout en continuant à longer la rivière. Depuis trente ans que je prends cette route, j’en suis à chaque fois émerveillé, à chaque fois je côtoie ce chemin avec un œil neuf. Comme c’est beau, à droite l’Eyrieux, à gauche buis, chênes verts, acacias, plus toutes sortes d’arbres et d’arbustes. Sauf qu’aujourd’hui, sur la gauche, la verdure s’est transformée en grisaille. Tous les buis, et ils sont nombreux, sont gris. Infestés de chenilles de pyrales qui se nourrissent de la feuille et la sève du buis. Quelle tristesse ! Tous les buis de la région sont infestés.
Que peut-on y faire ? Évidemment on n’a pas à chercher bien loin la cause : le réchauffement climatique. Et on n’a pas à chercher bien loin non plus le responsable : l’homme. Quelle action entreprendre ? Pour l’instant, aucune. Sauf que quand il n’y aura plus de buis il n’y aura plus de pyrale. A moins qu’elles ne trouvent un autre végétal en opérant une mutation.
Alors je vois des gens qui s’affligent de l’état des buis, qui pestent contre les pyrales. Je ne vois pas très bien à quoi ça sert. Ça ne changera ni les buis, ni les pyrales. S’il s’agit de râler pour quelque chose d’utile, alors il faut le faire contre l’homme qui fait n’importe quoi avec la nature dans cette ère de dégénérescence. Car c’est son réchauffement qui est la cause de l’invasion des buis par les pyrales. Mais de la même manière que quand il n’y aura plus de buis, il n’y aura plus de pyrale, lorsqu’il n’y aura plus de nature (à cause de l’homme et sa bêtise) il n’y aura plus d’hommes et sa bêtise.

Aujourd’hui des milliers de gens déplorent les atteintes à l’environnement. Du coup des actions sont entreprises et le réchauffement climatique est devenu un sujet planétaire. Mais je suis très pessimiste quant à la volonté des gouvernements pour véritablement « entreprendre quelque chose », muselés qu’ils le sont par les grands trusts répartis sur la planète. Du coup il se pourrait bien qu’on soit à un des moments les plus bas de l’histoire de l’humanité sans grand espoir de bouleversement fondamental, présentement en tous cas.
La solution ? Passer les buis de la région au karcher... À titre personnel je n’ai pas de solution (ni de karcher). Comme tout le monde je suis consommateur. Je roule voiture (vélo aussi). Quand je prends la voiture, je suis conscient que je pollue. Prendre conscience que la pollution commence au moment où on met et en marche le moteur de sa voiture est un premier pas. Mais cela ne suffit peut-être pas.
Savez-vous que les pets des vaches françaises émettent autant de gaz en un an que 15 millions de voitures. Je vous laisse imaginer ce que cela représente au niveau mondial… Alors en quoi consiste mon action pour faire du bien à la planète ? Réponse : à ne pas manger de viande de bœuf (ni de porc d’ailleurs). Donc, en étant végétarien. Ainsi je ne fais pas que fustiger ceux qui polluent !

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 En me rendant à ma gouille secrète

La sécheresse l'a tarie
Les buis qui la bordent sont morts
L’endroit est devenu triste
           
 T. J.

lundi 3 avril 2017



« Bain purificateur » (misogui) hebdomadaire…

 

            Dans ma « gouille »[1] secrète
            Tout l’hiver je m’y suis baigné
            Certaines fois
            L’eau gelait
            Résultat :
            Pas un rhume, pas une grippe.
            C’est si beau que je pourrais mourir ici
                                   T. J.


Photo T. J.

 

[1] Mot utilisé dans la région des deux Savoie et de la Suisse romande, qui représente un plan d’eau plus grand qu’une flaque et plus petit qu’une marre.


© Taïkan Jyoji 2011